Grande maison avec patio

Ce n’est ni sa taille gigantesque, ni la majesté de ses éléments d’origine qui ont ravi le cœur des propriétaires de cette maison bruxelloise. Ce fut sa cour, pressentie pour être un joli terrain de jeux pour Stefan, architecte-paysagiste. L’intuition était juste… 

Jungle miniature

Un microclimat propice aux plantes exotiques, la chose a de quoi surprendre à quelques mètres à peine des grands boulevards bruxellois! C’est le miracle réalisé par Hans et Stefan dans la cour d’une maison de maître datant de 1854. Stefan, qui a été architecte avant de se concentrer exclusivement sur les jardins, se souvient. “Voici quelques années, cette cour était on ne peut plus lugubre, pleine d’annexes totalement délabrées. Mais dès que l’ai vue, j’ai compris qu’avec son orientation sud, elle me permettrait de cultiver ma propre jungle miniature en pleine ville. Dès lors, bien que la maison était trop grande pour nous deux, nous avons foncé.” De fait, la bâtisse a été ensuite divisée en trois appartements, dont un transformé en Airbnb. “Nous adorons rencontrer des gens venus des quatre coins du monde”, ajoute Hans.

Une vraie pièce extérieure

La rénovation se fit en différentes phases. Cela permit à Hans et Stefan de rester dans la maison durant les travaux, déménageant d’un étage à l’autre au fil du chantier. “Nous avons donc habité dans toutes les pièces de la maison, mais c’est ici au rez-de-chaussée, autour du patio, que nous avons trouvé notre place”, poursuit Stefan. Le patio fait office de véritable pièce extérieure, reliant entre elles les principales pièces de vie. Surtout, il fait entrer un peu de nature dans la maison, tout au long de l’année. Au printemps et en été, les plantes florifères apportent du parfum et de la couleur alors qu’en automne, la vigne donne le ton avec une impressionnante palette de rouges. Ces plantes très différentes forment un ensemble harmonieux, notamment grâce aux nombreuses pièces de poterie portugaise peuplant la cour.

Un mélange de styles

Stefan et Hans disent avoir des goûts très différents. Mais ils semblent être parvenus à concilier leurs styles à la perfection. Hans sillonne depuis toujours les brocantes, les ventes publiques et boutiques design. Il est aussi toujours en quête d’œuvres d’art originales ou des pièces de design uniques signées par de jeunes talents belges. Stefan a lui pris en charge les plantes, que l’on trouve  par ailleurs à travers tout l’appartement.   C’est lui aussi qui a conçu la maison dans les grandes lignes, laissant à Hans le soin de le peupler d’objets originaux. “De temps à autre, je devais mettre mon veto”, rigole Stefan. “Les fleurs en plastique ne rentrent pas chez moi!” Et Hans d’ajouter : “Bon nombre d’objets n’ont en soi rien de particulier, mais on peut arriver à un résultat magnifique en les associant.” Certains racontent également une belle histoire, telle cette petite peinture dans la salle à manger… Une pièce trouvée – et sans doute peinte – dans la maison!  “Avant les travaux, nous avons logé notamment un étudiant des Beaux-Arts. Quand il a quitté la Belgique, il nous a laissé quelques carnets de croquis et peintures, dont cet autoportrait.”

Des murs… et de la texture

L’originalité de la maison ne tient toutefois pas qu’à son mobilier et à ses accessoires. Ses murs jouent aussi un rôle important. A l’avant, dans la partie “classique”, les moulures anciennes règnent en maître. Dans la cuisine, c’est un mur de briques nues végétalisé qui crée l’ambiance. “Après l’avoir mis à jour lors les travaux, nous avons décidé de ne pas y toucher afin d’obtenir une atmosphère radicalement différente du reste de la maison”, explique Stefan. A l’arrière, de l’autre côté du patio, c’est le bois qui domine. Les murs du salon sont en effet presque entièrement recouverts de lattes en pin. L’effet d’enfermement qu’un tel lattis génère parfois est évité grâce à la luminosité généreuse créée par un puits de lumière.

Une chambre en sous-sol

La partie nuit a été aménagée en sous-sol, sous ce salon de bois. L’installation d’une cour anglaise (une cour encaissée, dissimulée sous une grille, NDLR) poursuit les liens entre intérieur et patio végétalisé. La chambre se prolonge d’une salle de douche refermée par une paroi de verre. Ici aussi, le minimalisme dominé par le blanc se colore de petites touches joyeuses. Et le miroir qui traverse la pièce de part en part reflète non seulement un maximum de lumière venue du patio mais aussi quelques plantes luxuriantes. La prochaine fois que vous entendrez parler d’une jungle à Bruxelles, peut-être de nouvelles images vous viendront à l’esprit…

Source: Gael Maison 2016 | Texte et stylisme Jessy Van Durme | Photos Piet-albert Goethals/Stor

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