Industrie nouvelle

Tournant le dos aux finitions luxueuses, Bob et Marjan ont offert à leur nouvelle construction un intérieur aux finitions brutes et aux airs de loft. Entre look industriel, bain de couleurs rétro et confort actuel, ils ont créé le lieu de vie qu’ils peinaient à trouver dans leur région

Idées astucieuses

Dire adieu à leur belle petite villa moderniste des années 1960 n’a pas été une décision facile pour Bob et Marjan. “Nous avions envisagé de la rénover, mais il s’est avéré impossible et/ou trop onéreux de l’isoler suffisamment pour la faire correspondre aux normes de confort actuelles. Nous nous donc sommes résignés, non sans un pincement au cœur, à repartir à zéro avec une nouvelle construction.” En lieu et place de leur ancienne maison, trône aujourd’hui cette étonnante structure en béton gris clair et acier Corten qui tranche avec le bâti local. Quant à l’intérieur, conçu avec l’architecte Raf Segers – le frère de Bob –, il abonde d’objets et d’idées astucieuses. Un festival de couleurs dans un décor brut aux airs de loft.

Dilemmes

Marjan est graphiste. Bob est créateur de meubles et d’intérieur. Tous deux travaillent pour Studio Segers, l’agence design des parents de Bob. Style et création sont dans la famille! “Notre rêve absolu était de créer un grand volume en béton, à moitié enterré dans le sol façon Marcio Kogan (un architecte brésilien que nous admirons tous deux), mais cette option s’est avéré impayable”, raconte Bob. Le couple s’est alors limité à un volume de 100 m², surmonté d’un étage au volume habitable équivalent. “Le fait d’habiter le long d’une chaussée fort fréquentée nous a fait opter pour une ossature en béton, qui nous semblait la meilleure manière de limiter les nuisances sonores.” A l’intérieur, aucun mur porteur ! La structure ouverte est soutenue par les neuf colonnes allant de la cave jusqu’à l’étage. “Cette méthode de construction industrielle, explique Bob, présente l’avantage de pouvoir finaliser le gros œuvre, escaliers compris, en deux jours et demi à peine! C’est, il est vrai, un peu plus onéreux en termes de matériaux, mais la comparaison avec le coût en main d’œuvre d’un gros œuvre en briques nécessitant six mois de travaux a été vite fait.”

Envies industrielles

Quand l’on pénètre à l’intérieur, on est surpris par le contraste entre le béton apparent gris clair extérieur et les finitions intérieures, beaucoup plus brutes. “Nous avons sciemment décidé de laisser la structure intérieure apparente. Nous n’éprouvions pas le besoin de vivre dans une maison design haut de gamme. Au contraire, nos envies se situaient plutôt du côté du loft industriel. Et comme ce n’est pas vraiment le genre de bâtiments que l’on trouve dans la région, nous l’avons construit nous-mêmes.” Ce décor commence avec un sol en polybéton, la variété la plus industrielle qui soit. Un tracteur pourrait y circuler! Une fois passé le hall d’entrée, les visiteurs – généralement sans tracteur, faut-il le préciser – pénètrent de fait dans un espace ouvert façon loft, avec d’un côté un coin salon complété de coins lecture et musique, et de l’autre, une cuisine. Faisant le lien entre les deux, une salle à manger! La paroi de cuisine et l’îlot en MDF noir forment un volume noir qui se fond dans l’ensemble, sans être froid. Quelques jolis accents de bois viennent contrebalancer la rudesse du béton: une rangée de caisses à fruits fait office de bibliothèque, la cuisine est bardée de parois latérales en placage de chêne…

Meubles inédits

Le côté accueillant de ce “faux loft” doit également beaucoup à la diversité et l’originalité de son mobilier. Il faut dire que Bob et Marjan, dont c’est le métier, n’ont pas hésité à se faire plaisir. Le grand lampadaire qui trône dans le séjour a été imaginé par Bob et trois de ses amis d’école (réunis sous le nom ‘Stal Collectief’) pour la marque belge Buzzispace. “Cette lampe et le collectif ont surtout été pour nous un prétexte pour rester en contact et continuer à collaborer de temps en temps sur des projets.” Le canapé est un prototype du Studio Segers pour une autre marque belge, Indera, tout comme les petites tables pour Moom. Dehors, nous découvrons en primeur des chaises du Studio Segers bientôt éditées par la marque tchèque ‘Todus’. Cet ensemble inédit décline un univers coloré assez attachant aux accents finalement assez rétro. Comme si l’âme de la maison moderniste remplacée par ce “loft contemporain” venait se manifester.

Source: Gael Maison | Photos Jole Lemmens | Styling Sigrid De Ceuleneer | Texte Karin de Ridder

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