La vie dans un béguinage

Le bureau d’architecture qui s’est vu confier la mission de transformer l’ancien couvent du béguinage de Malines en un ensemble d’habitations a été contraint, conservation du patrimoine architectural oblige, de respecter la structure historique du bâtiment. Une contrainte qui a donné lieu à des idées étonnantes.

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Inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, les béguinages, tel celui-ci à Malines, demandent une attention et une patience particulières. Prenez son église, érigée au XVIIe siècle. Après trente ans de travaux, elle a enfin pu se défaire de ses échafaudages ! Située juste derrière, cette maison date à peu près de la même période. Jo, Liesbeth et leurs trois enfants y vivent depuis deux ans environ. Transformer en habitat contemporain et fonctionnel ce qui n’était plus qu’une ruine n’a pas été une mince affaire. D’autant qu’il s’agissait en même temps d’en préserver l’authenticité. “L’architecture d’origine a été préservée de manière quasi intacte pendant des siècles. C’est un vrai avantage, mais cela complexifie aussi les choses”, nous explique David Driesen du bureau dmvA. “Alors que la maison n’était dotée que d’une petite cour sans soleil, il nous semblait logique d’abattre l’arrière-maison pour agrandir le jardin et faire entrer davantage de lumière à l’intérieur. Mais une telle option était tout bonnement exclue pour les services du patrimoine. Ce refus a mené les architectes à mener des recherches historiques plus profondes. Considérant que les femmes qui vivaient ici autrefois avaient fait vœu de pauvreté et vivaient ainsi dans une sobriété extrême, l’équipe de dmvA a décidé de jouer pleinement la carte du blanc le plus dépouillé. Un changement de perspective total tant pour les architectes que pour les habitants. “Nous avons décidé de renforcer les principes d’origine tels les carreaux rouges ou les poutres apparentes”, précise Tom Verschueren, le collègue de David Driesen. “Et là où des interventions nous ont paru nécessaires (dans l’arrière-maison, la salle de bains ou les combles), elles ont été envisagées certes de manière contemporaine, mais aussi en harmonie avec le style d’origine. Un exercice subtil, que David et moi nommons architecture invisible.”

dmva-architecten.be

Découvrez l’article intégralement dans Gael Maison 10, date de publication: 19/12/2018.

Texte: Karin De Ridder. Photos et styling: Kaatje Verschoren.

 

 

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